ponton


ponton

ponton [ pɔ̃tɔ̃ ] n. m.
XVIe; « bac » 1245; lat. ponto, onis, de pons pont
1Construction flottante formant plateforme. Les pontons d'un pont flottant. Ponton d'accostage. « Ces débarcadères, tous du même modèle, consistaient en un ponton carré supportant deux chambres de bois » (Gautier).
Chaland ponté servant aux gros travaux des ports. Ponton d'abattage. Des pontons-grues. Vieux navire désarmé et à l'ancre, servant de dépôt de matériel, de caserne, de prison. « Cette Circé, qu'on avait désarmée là pour servir de ponton dans le fleuve » (Loti).
2Techn. Instrument métallique en forme de trapèze articulé, servant à cuber les tas de pierres.

ponton nom masculin (latin ponto, -onis) Chaland ponté servant au transport de matériel dans les arsenaux militaires ou utilisé comme flotteur. Vieux vaisseau désarmé servant de dépôt de matériel, de caserne flottante, de navire-école ou de prison. Appontement servant de débarcadère : Accoster au ponton. Plate-forme flottante : Ponton de ski nautique. Engin flottant utilisé au service de la voie d'eau et pouvant porter des installations mécaniques.

ponton
n. m.
d1./d Plate-forme flottante reliée à la terre, servant notam. à l'amarrage des bateaux, dans un port.
d2./d MAR Navire désaffecté transformé en dépôt de matériel, en caserne, en prison, etc., dans un port.

⇒PONTON, subst. masc.
A.ART MILIT., vieilli
1. Pont flottant réalisé avec des bateaux légers reliés par des poutres, recouverts de madriers et destiné à permettre aux troupes de franchir un cours d'eau. Deux ponts sont jetés [sur la Bérésina]. Un seul boulet, le feu de la pipe d'un Cosaque eussent suffi pour mettre en pièces ou pour brûler les faibles pontons de d'Éblé (CHATEAUBR., Mém., t.2, 1848, p.457).
2. Ponton (de cuivre). Bateau de cuivre transporté autrefois par les troupes afin de jeter un pont sur un cours d'eau. Nous passâmes la Moselle, au-dessus de Thionville, sur des pontons de cuivre (CHATEAUBR., Mém., t.1, 1848, p.412).
B.MAR. Vieux bâtiment, de guerre ou non, généralement rasé, ne pouvant plus naviguer mais utilisé à différentes fins (réparations, chargement, dépôt de matériel, surveillance, etc.) dans un port, un arsenal, une rade; chaland plat ponté, cale flottante construite spécialement pour divers usages (transport, chargement, travaux, etc.) dans un port et supportant ou non des équipements. En France, on double en zinc les bâtiments de servitude qui sont, pour la plupart, de vieux navires en bois transformés en pontons, allèges, charbonniers, etc. (CRONEAU, Constr. nav. guerre, t.1, 1892, p.348). Autour de lui [un vaisseau], sur des pontons, dix grues, sept ou huit aspirateurs, se pressaient, s'agitaient (VAN DER MEERSCH, Empreinte dieu, 1936, p.95):
1. Le vieux cuirassé Courbet, qui depuis quatre ans nous servait de ponton dans la rade de Portsmouth, reçut, en cette suprême occasion, un équipage réduit et un bon commandant: Wietzel, et s'en fut, sous le feu de l'ennemi, s'échouer près de la côte française afin de servir de môle au port artificiel d'Arromanches.
DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p.276.
HIST. Vieux vaisseau immobilisé ayant servi de prison, en particulier à l'époque de la Révolution française et surtout pendant les guerres de l'Empire où les Anglais y détinrent les Français faits prisonniers. Max pris par les Anglais, fut envoyé sur les pontons espagnols de Cabrera, les plus horribles de tous (BALZAC, Rabouill., 1842, p.369). Revenu des pontons de Rochefort et des cachots de Paris (LAMART., Confid., 1851, p.121).
Littér. [Dans des compar. avec des pers.] Vaisseau endommagé et allant à la dérive. Je suis tel qu'un ponton sans vergues et sans mâts, (...) Vaisseau désemparé qui ne gouverne plus (DIERX, Poèmes, 1864, p.86). On la voyait, alors, déambuler comme un ponton entre des récifs, ayant l'air de remorquer des tronçons d'elle-même (BLOY, Femme pauvre, 1897, p.253).
Expr. [Le suj. désigne un navire] (Être) rasé comme un ponton. (Être) entièrement démâté, généralement sous l'action de la tempête ou du canon. L'Henrietta n'était plus qu'un bâtiment rasé comme un ponton (VERNE, Tour monde, 1873, p.199).
P. compar. Je perds huit cent mille francs, je n'ai pas de quoi les payer, je suis (...) rasé comme un ponton (AUGIER, Contagion, 1866, p.437). Rasée comme un terrain de manoeuvre, la vie! Rasée comme une cour de caserne. Rasée comme un ponton (BERNANOS, Mauv. rêve, 1948, p.963).
En compos. avec un subst.
Ponton(-)grue. Engin de port supportant une grue. La manutention des fardeaux très pesants exige des engins spéciaux: —soit fixes (...) —soit flottants, qu'il s'agisse de «pontons mâtures», de «pontons grues» ou de «bigues flottantes» (M. BENOIST, PETTIER, Transp. mar., 1961, p.187).
Ponton(-)mâture. Engin supportant une ou deux bigues, ou un appareil pour mâter ou démâter un bâtiment. Le «ponton mâture» de Philadelphie a une puissance de 300 tonnes (M. BENOIST, PETTIER, Transp. mar., 1961, p.187).
C. —Plate-forme flottante ou sur pilotis ayant divers usages. Ponton des bains. Ponton de blanchisseuses amarré contre le bord (FLAUB., Éduc. sent., t.1, 1869, p.83). Un ponton de bois, amarré pour les pêcheurs, dansait mollement à deux ou trois mètres de la rive (DUHAMEL, Terre promise, 1934, p.28).
En partic. Plate-forme flottante ou sur pilotis reliée au bord et servant de point d'arrivée et de départ ainsi que de station aux bateaux de voyageurs. Ponton d'embarquement; être sur le ponton:
2. Je gagnai la Seine pour prendre l'Hirondelle qui me déposerait à Saint-Cloud. Comme j'aimais cette attente du bateau sur le ponton. Il me semblait que j'allais partir pour le bout du monde...
MAUPASS., Contes et nouv., t.1, Souv., 1884, p.533.
D.ÉQUIP. Barre métallique articulée, en forme de trapèze, destinée à cuber les tas de pierres cassées en vue de l'empierrement des routes. (Dict.XIXe et XXes.).
REM. Pontonner, verbe intrans. Flotter, bouger à la manière d'un ponton (vraisemblablement au sens C); donner cette impression. Des grosses bouées bringuebalantes passent en dansant, alors que la ville pontonne dans l'embrun (CENDRARS, Dan Yack, Plan de l'Aiguille, 1929, p.13). Tout pontonnait, virait, écumait, à gauche et à droite du commissaire (...) cependant que le haut paquebot blanc s'inclinait (CENDRARS, Lotiss. ciel, 1949, p.11).
Prononc. et Orth.:[]. Homon. pontons (de ponter1 et 2). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. Ca 1245 «pont» (PHILIPPE MOUSKET, Chroniques, 15103 ds T.-L.); 1360-70 «pont-levis» (Baudouin de Sebourg, X, 712, ibid.); 1532 «pont flottant composé de bateaux joints» (Lettre de Fr. 1er du 3 juill., Rev. des soc. sav., 1860, p.387); 2. 1251 «grand bateau plat et ponté servant à passer une rivière (?)» (Layettes du Trésor de Chartes, éd. A. Teulet, t.3, p.125); fin XIVes. (FROISSART, Chroniques, éd. Kervyn de Lettenhove, t.15, p.245); 1515 «vieux navire qui sert à plusieurs usages dans les ports» (A. DE CONFLANS, Faits de la marine et navigaiges, s.v. Venise ds JAL); 1813 «vieux vaisseau rasé où l'on enferme des prisonniers» (M. L. BOUCHET, Dissertation inaugurale sur les maladies qui affectèrent les prisonniers détenus à bord des pontons de Plymouth); 3. 1872 «instrument servant à cuber les tas de pierres cassées disposés sur le bord des routes» (LITTRÉ Add.). Du lat. , acc. de , - «bateau de transport». Fréq. abs. littér.:87.
DÉR. Pontonage, subst. masc., vieilli. ,,Droit qui se perçoit en quelques lieux sur les personnes, voitures ou marchandises qui traversent une rivière, soit sur un pont, soit dans un bac`` (Ac. 1835, 1878). []. Att. ds Ac. 1762-1878. 1res attest. déb. XIIIes. pontenaige (Coutumes et péages de Sens ds Bibl. Éc. des Chartes, 27, p.286); XIVes. pontonnage (Rentes de la prév. de Clerm., B.N. 4663, f° 2 r° ds GDF.); de ponton, suff. -age.
BBG. —KEMNA 1901, pp.48-49.

ponton [pɔ̃tɔ̃] n. m.
ÉTYM. Déb. XVIe; « pont-levis », v. 1330; « pont », v. 1250; lat. pontonem, accusatif de ponto, de pons. → Pont.
1 Mar. Construction flottante formant plate-forme et supportant un tablier de pont, une construction… || Pontons d'un pont flottant. || Ponton formé de caissons, pour soulever un navire. Chameau.
1 Ces débarcadères, tous du même modèle, consistaient en un ponton carré supportant deux chambres de bois, l'une servant de bureau, l'autre de magasin ou de salle d'attente, séparées par un large couloir destiné aux voyageurs et aux bagages.
Th. Gautier, Voyage en Russie, II.
(1876). Plate-forme flottante reliée à la terre, servant à accoster. || Ponton de débarcadère (cit.), d'accostage. || Pontons flottants d'un port de plaisance. || Débarquer au ponton. || S'amarrer au ponton. || Le ponton visiteurs.
(V. 1515). Chaland ponté servant aux gros travaux des ports. || Ponton d'abattage. || Ponton-mâture. Mâture. || Ponton-allège. Allège. || Ponton-grue. Grue (flottante, sur ponton).
(1829). Vieux navire désarmé et à l'ancre, « servant de dépôt de matériel, de caserne, de prison ou de poste d'amarrage » (Gruss).Spécialt. (Hist.). || Pontons anglais : vieux vaisseaux rasés où les Anglais enfermèrent les prisonniers français pendant les guerres de l'Empire. || Navire rasé comme un ponton.
1.1 Le lendemain, 20, les bastingages, les pavois, les œuvres-mortes, la plus grande partie du pont, furent dévorés. L'Henrietta n'était plus qu'un bâtiment rasé comme un ponton.
J. Verne, le Tour du monde en 80 jours, p. 304.
2 (…) cette Circé, qu'on avait désarmée là pour servir de ponton dans le fleuve.
Loti, Matelot, XLV.
2 (1875). Techn. Instrument métallique en forme de trapèze articulé, servant à cuber les tas de pierres cassées pour l'empierrement des routes.
DÉR. Pontonage ou pontonnage, pontonnier.

Encyclopédie Universelle. 2012.